Domaine Lemorton

Lemorton · Calvados Réserve

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Format: 70 cl
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Le plus jeune des Lemorton est aussi celui où la poire parle le plus fort.

Le Calvados Lemorton Réserve, cinq ans et la poire encore devant

Cinq ans de fût suffisent à arrondir une eau-de-vie sortie de l'alambic à près de soixante-dix degrés, pas à recouvrir son fruit. Cette Réserve reste une eau-de-vie de poire avant d'être un spiritueux de chêne, et c'est exactement ce que l'appellation Calvados Domfrontais autorise. Mise en bouteille à 40 % vol., elle occupe dans la gamme la place du calvados que l'on ouvre sans cérémonie, en bas d'une série qui monte jusqu'aux très vieux millésimes du domaine.

La part dominante du poiré dans l'assemblage du verger

L'assemblage réunit 70 % de poiré pour 30 % de pommes à cidre, là où le cahier des charges de l'appellation n'exige que 30 % de poire. Cette proportion inversée explique une bonne partie de ce que le verre raconte ensuite : la fraîcheur, le registre floral, cette acidité fine et cette finesse que les seules variétés de pommes à cidre ne donnent pas. Les moûts fermentent avant distillation, sous l'action des levures indigènes, et le poiré du verger impose sa signature dès le départ.

Ce que l'alambic à colonne laisse passer du fruit

Le Domfrontais se distille à la colonne, quand l'appellation voisine du Pays d'Auge impose une double distillation à l'alambic charentais. La colonne du domaine, chauffée au bois, sort une eau-de-vie autour de 68 à 70 degrés qui conserve une lecture très nette du cidre et du poiré d'origine. C'est ce distillat fruité, presque bavard, qui arrive ensuite dans le chai, et c'est cette signature aromatique que cinq ans de bois n'ont pas encore recouverte.

Cinq ans de fût de chêne, une empreinte encore légère

Le chêne travaille vite dans les premières années, mais il travaille en surface : il donne la couleur, un premier grain de tanin, une amorce de rondeur. Sur cette cuvée, le vieillissement se lit sans jamais dominer, et le fruit garde la parole d'un bout à l'autre. Celui qui ouvrira ensuite un 25 ans du même domaine mesurera en un seul verre ce que deux décennies de fût supplémentaires viennent changer dans une eau-de-vie née du même verger.

La dégustation d'une eau-de-vie de poire encore jeune

La dégustation confirme ce que la composition laissait attendre : un profil fruité et floral, d'une tenue franche, sans les notes confites que le très long vieillissement finit par installer. Les arômes se donnent vite, sans qu'il faille aller les chercher, ce qui fait de cette bouteille un bon banc d'essai pour comprendre le style de la maison.

Une robe paille dorée et un nez floral

La robe est paille dorée, claire, celle d'une eau-de-vie que le fût n'a pas encore assombrie. Le nez donne la poire fraîche et la pomme mûre, sur un fond floral encore vif qui signe la jeunesse de la cuvée. On est ici dans les arômes du fruit et non dans ceux du bois : ni caramel, ni pâtisserie, ni fruits secs, mais un verger au printemps et une pointe de cidre.

En bouche, la poire et un tanin qui pointe

La bouche reprend la poire et les notes florales annoncées au nez, sur une texture légèrement plus riche que l'attaque ne le laissait croire. Le tanin y est un peu plus marqué, premier indice sérieux du séjour en fût de chêne, et il apporte la tenue qui manque souvent aux eaux-de-vie blanches. L'ensemble reste tendu, fruité, sans lourdeur, avec ce degré d'alcool de 40 % qui se fait oublier.

Une finale d'une belle longueur

La finale tient, et c'est ce qui distingue cette Réserve d'un simple calvados jeune : la longueur est déjà installée. Elle prolonge le fruit plutôt que l'épice, laisse la bouche nette et donne envie du verre suivant. Sur un spiritueux de cet âge, cette persistance est le meilleur indicateur de la qualité du distillat de départ.

Servir ce digestif normand sans le brusquer

Un calvados de ce profil demande peu de manières, et deux ou trois précautions qui changent tout au moment du service. L'idée générale est simple : ne rien faire qui referme le nez ou dilue le fruit, puisque le fruit est précisément l'argument de cette bouteille.

La température de service et le verre tulipe

Servir entre 18 et 20 °C, dans un verre tulipe dont la cheminée rassemble les arômes vers le haut. Ni glace ni carafage : le froid ferme le nez, la dilution efface la poire, et une eau-de-vie de cette longueur n'a besoin d'aucune aération préalable. Le seul geste utile consiste à réchauffer le verre dans la main, quelques secondes, pour laisser le bouquet se déployer.

Le moment : fin de repas et trou normand

La place naturelle de cette bouteille est la fin de repas, en digestif, servie dans de petites quantités. La tradition normande du trou normand lui va tout aussi bien, entre deux plats, parce que sa fraîcheur florale relance le palais au lieu de l'alourdir. Sur un plateau de fromages normands ou un dessert aux pommes, le fruité tient tête au gras comme au sucre.

L'entrée en matière dans les calvados du Domfrontais

C'est par cette Réserve que l'on entre le plus simplement dans le style du Domfrontais, avant les 10, 25 et 30 ans alignés par la maison. Elle constitue aussi un cadeau lisible pour un amateur de spiritueux venu du whisky ou de l'armagnac, qui découvrira une eau-de-vie de fruit là où il attendait un alcool de grain ou de raisin.

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